Historique

Historique

La Compagnie des Carabiniers du Prince, dont l’histoire est liée à celle de la Famille Souveraine, succède à plusieurs Gardes remontant au Moyen Âge.

La genèse de la dynastie GRIMALDI et ses Gardes au Moyen Âge

Médaille commémorative des 700 ans de la dynastie Grimaldi et Reconstitution historique médiévale à l’occasion du jubilé du Prince Albert Ier

Photo 1 : Médaille commémorative des 700 ans de la dynastie Grimaldi. Créée en 1997, elle est remise à cette occasion aux Carabiniers du Prince. 
(Cliché : Bernard Boucher – Archives de la Compagnie des Carabiniers du Prince)
Photo 1bis : Reconstitution historique médiévale à l’occasion du jubilé du Prince Albert Ier le 13 avril 1914. (Collection Jean-Paul Bascoul)

Le 8 janvier 1297, François Grimaldi s’empare de Monaco par la ruse, ce qui lui confère le surnom de « Malizia ». Cet évènement clé, immortalisé dans les armoiries de la Maison Grimaldi, marque l’implantation de la dynastie à Monaco.

Dans la première moitié du XIVe siècle, Charles Ier assoit définitivement l’autorité de la Famille Grimaldi. Il prend le titre de Seigneur en 1341 et agrandit la superficie du territoire monégasque grâce à l’achat de Menton et Roquebrune.

La Seigneurie de Monaco suscite de nombreuses convoitises en raison de sa position stratégique à la fois militaire et commerciale. La présence d’une Garde pour assurer la protection du Seigneur, de la forteresse et du territoire monégasque s’avère nécessaire.

Sa première mention remonte à 1395 et à cette date, le Seigneur de Monaco en détient déjà le commandement. Celui-ci peut également compter sur le soutien de la France, dont le roi Charles VIII reconnaît en 1489 la souveraineté de Monaco. La Garde est alors composée de monégasques, mentonnais et roquebrunois, auxquels s’ajoutent des mercenaires français et italiens. Son effectif comprend environ cent à deux cents hommes. La Garde se distingue lors d’un long siège en 1506 - 1507 où elle parvient à repousser les envahisseurs Génois.

« STAFFIERI » et « CARABINI » : Les gardes à l'époque moderne

Photo 2 : Uniforme de garde du Prince en 1750. Photo 2bis : Gardes du Prince devant la Porte d’Honneur du Palais en 1732, par Joseph Bressan.

Photo 2 : Uniforme de garde du Prince en 1750. 
(Archives de la Compagnie des Carabiniers du Prince)
Photo 2bis : Gardes du Prince devant la Porte d’Honneur du Palais en 1732, par Joseph Bressan. (Cliché : Geoffroy Moufflet – Archives du Palais Princier)
 

Au XVIe siècle, Monaco fait appel au soutien de l’Espagne, remplaçant celui de la France. Un protectorat espagnol est instauré suite à la signature du traité de Burgos en 1524 puis à la déclaration de Tordesillas. La sécurité du territoire et de la forteresse est assurée par une compagnie d’infanterie espagnole mais la protection du Seigneur est confiée à une Garde personnelle. Composée d’une quinzaine de soldats, elle est mentionnée à partir de 1604 sous la dénomination de staffieri ou estaffiers, c’est-à-dire valets armés.

La Seigneurie de Monaco devient une principauté en 1612 lorsque le seigneur Honoré II prend le titre de Prince. La forteresse, progressivement embellie au siècle précédent, devient un Palais.

Au XVIIe siècle, Monaco se place à nouveau sous la protection de la France. En 1641, le traité de Péronne marque la fin du protectorat espagnol. Afin de remplacer la compagnie d’infanterie espagnole puis les estaffiers, le roi de France Louis XIII met à disposition de la Principauté une troupe de cinq cents soldats français en 1643. Celle-ci possède plusieurs appellations comme Gardes du Prince ou Carabini et perdure jusqu’en 1792. Pendant près de cent cinquante ans, les Carabini assurent donc la sécurité du Prince, du Palais et de la Principauté.

Le Prince Honoré V (1819-1841) et la création du Corps des Carabiniers

Photo 3 : Uniforme de carabinier de 1817 à 1830. Fusil 1822 T Bis. Photo 3bis : Carabinier en 1828 devant le portail du Palais de Carnolès, ancienne résidence d’été des Princes de Monaco, par Joseph Gibert.

Photo 3 : Uniforme de carabinier de 1817 à 1830. Fusil 1822 T Bis. 
(Cliché : Bernard Boucher – Archives de la Compagnie des Carabiniers du Prince)
Photo 3bis : Carabinier en 1828 devant le portail du Palais de Carnolès, ancienne résidence d’été des Princes de Monaco, par Joseph Gibert. 
(Cliché : Bernard Boucher - Archives de la Compagnie des Carabiniers du Prince) 
 

Conséquence de la Révolution, Monaco est intégrée à la France sous le nom de Fort-Hercule en 1793. Grâce au traité de Paris en 1814, la Principauté retrouve son indépendance et les Grimaldi peuvent remonter sur le trône. Dissoute durant la Révolution, la force armée monégasque est réorganisée par le Prince Héréditaire Honoré, futur Honoré V. La sûreté du Prince et du Palais est assurée à partir de 1815 par les Canotiers de la Garde de Son Altesse Sérénissime. Il s’agit d’un corps de marins comptant environ cent vingt hommes. À Menton, l’ordre public est maintenu à partir de 1815 par la Garde de Police, qui est renommée Corps des Carabiniers le 8 décembre 1817. Cette date symbolise l’actuelle fondation des Carabiniers du Prince.

En 1822, Honoré V confie au Corps des Carabiniers le privilège de remplacer les Canotiers de la Garde de Son Altesse Sérénissime.

Le Corps des Carabiniers au milieu du XIXe siècle

Photo 4 : Uniforme de carabinier de 1853 jusqu’aux années 1870. Fusil 1822 T Bis. Photo 4bis : Le Palais Princier en 1862.

Photo 4 : Uniforme de carabinier de 1853 jusqu’aux années 1870. Fusil 1822 T Bis. 
(Cliché : Bernard Boucher - Archives de la Compagnie des Carabiniers du Prince)
Photo 4bis : Le Palais Princier en 1862. (Collection Jean-Paul Bascoul)
 

Durant le règne du Prince Florestan Ier (1841-1856), Menton et Roquebrune décident de se déclarer « villes libres » et se séparent officieusement de la Principauté en 1848.

Cette scission est officiellement confirmée par le premier traité franco-monégasque en 1861. La superficie de la Principauté se réduit alors à la seule ville de Monaco et pour sauver l’économie, le Prince Charles III décide de créer un casino. Les jeux de hasard étant interdits ou restreints dans les pays voisins, le succès est immédiat et apporte à Monaco un rayonnement inespéré.

Le Corps des Carabiniers sous le règne du Prince Charles III (1856-1889).

Photo 5 : Uniforme de carabinier à partir des années 1870 jusqu’en 1903. Fusil Gras modèle 1874. Photo 5bis : Carabiniers devant la cathédrale à l’occasion d’une Fête Nationale, entre 1899 et 1903. L’officier au centre est le lieutenant Paul Messagier.

Photo 5 : Uniforme de carabinier à partir des années 1870 jusqu’en 1903. Fusil Gras modèle 1874. (Archives de la Compagnie des Carabiniers du Prince)
Photo 5bis : Carabiniers devant la cathédrale à l’occasion d’une Fête Nationale, entre 1899 et 1903. L’officier au centre est le lieutenant Paul Messagier. (Collection Jean-Paul Bascoul)
 

À partir de 1870, les carabiniers sont missionnés pour assurer l’ordre public en Principauté.

Ils demeurent sollicités lors des grands évènements rythmant la vie de la Principauté, comme la fête nationale.

Afin d’assurer le service d’honneur au Palais, le Prince Charles III fonde alors la Compagnie des Gardes du Prince, composée de militaires français. Cependant, ceux-ci sont mobilisés cette même année lors de la guerre franco-prussienne et doivent quitter hâtivement Monaco. Ils sont donc remplacés par des Papalins, soldats provenant de l’ancienne armée pontificale du pape Pie IX dissoute en 1870.

Le Prince Albert Ier (1889-1922) et la création de la Compagnie des Carabiniers du Prince

Photo 6 : Carabinier en tenue d’hiver avec plumet à partir de 1904. Fusil Gras modèle 1874.  Photo 6bis : Carabiniers sur la place du Palais, entre 1907 et 1911. À gauche, le capitaine Émile de Capella ; au centre, le colonel Arthur Lemoël ; à droite, le lieutenant Amédée de Serre de Mesplès.

Photo 6 : Carabinier en tenue d’hiver avec plumet à partir de 1904. Fusil Gras modèle 1874.
(Cliché : Bernard Boucher - Archives de la Compagnie des Carabiniers du Prince)
Photo 6bis : Carabiniers sur la place du Palais, entre 1907 et 1911. À gauche, le capitaine Émile de Capella ; au centre, le colonel Arthur Lemoël ; à droite, le lieutenant Amédée de Serre de Mesplès. (Collection Jean-Paul Bascoul)
 

L’uniforme prend son aspect actuel au tournant du XXe siècle avec le port du casque colonial blanc en 1898 associé à une tenue allégée dite « mitigée » et celui du casque colonial bleu en 1903 allié à une tenue d’hiver.

Satisfait des services de police rendus par les Carabiniers, le Prince Albert Ier ordonne leur retour au Palais afin de remplacer les Papalins. La Compagnie des Gardes du Prince est dissoute le 26 janvier 1904 et remplacée par l’actuelle Compagnie des Carabiniers du Prince.

Durant la Première Guerre mondiale, malgré la neutralité de Monaco, quatre-vingt Carabiniers sur un total de quatre-vingt-six sont mobilisés. Huit d’entre eux meurent pour la France.

La Compagnie des Carabiniers du Prince sous le règne du Prince Louis II (1922-1949)

Photo 7 : Carabinier en tenue d’été avec plumet, à partir de 1935. Fusil Gras modèle 1874. Photo 7bis : Relève de la garde en tenue d’été dans les années 1940.

Photo 7 : Carabinier en tenue d’été avec plumet, à partir de 1935. Fusil Gras modèle 1874. (Cliché : Bernard Boucher - Archives de la Compagnie des Carabiniers du Prince)
Photo 7bis : Relève de la garde en tenue d’été dans les années 1940. (Collection Jean-Paul Bascoul)

Sous le règne du Prince Louis II, la tenue d’été blanche remplace la tenue dite « mitigée ». Bien que certains s’engagent dans la Résistance, les Carabiniers ne sont pas mobilisés et poursuivent leurs missions en Principauté. Outre la garde du Palais et la sécurité du Prince, les Carabiniers effectuent de nombreux services d’honneur et de surveillance en ville, comme sur la place du Casino ou au Jardin Exotique.

La Compagnie des Carabiniers du Prince sous le règne du Prince Rainier III (1949-2005)

Photo 8 : Carabinier en tenue d’hiver dans les années 1950. Fusil Lebel modèle 1886. Photo 8bis : Relève de la garde en tenue d’hiver dans les années 1960 avec fusil Mas 36 .

Photo 8 : Carabinier en tenue d’hiver dans les années 1950. Fusil Lebel modèle 1886.
(Cliché : Bernard Boucher - Archives de la Compagnie des Carabiniers du Prince)
Photo 8bis : Relève de la garde en tenue d’hiver dans les années 1960 avec fusil Mas 36 (en service à partir de 1961). (Collection Jean-Paul Bascoul)
 

Visionnaire, le Prince Rainier III modernise la Compagnie des Carabiniers du Prince durant son règne. Tout en conservant le service de police sur la place du Palais, Il fait supprimer progressivement les factions en ville pour créer de nombreuses spécialités : peloton motocycliste, secourisme, musique, vaguemestre, conducteurs de sécurité, plongeurs subaquatiques… De nouvelles missions sont confiées aux Carabiniers comme la sécurité des visites du Palais à partir de 1949 ou bien la sécurité du domaine Princier de Rocagel à partir des années 1960.

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Fière de son histoire et attachée à ses valeurs, la Compagnie des Carabiniers du Prince sert aujourd’hui Son Altesse Sérénissime Le Prince Souverain Albert II et Sa Famille avec Honneur, Fidélité et Dévouement comme l’illustre sa devise. 

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